Vacarme 40 / chantier politiques du risque

le sujet à risque et le risque couru

ou la carpe et le lapin

par Ariane Chottin & Françoise Labridy

Au point de convergence entre une redéfinition technicienne de l’offre de soins et une offensive législative où prime le souci de l’ordre, la notion de risque n’est pas seulement, dans le champ de la santé, le vecteur d’une nouvelle police des conduites : dépossédant le sujet du sens et du devenir de ses symptômes, elle le soumet sans faille au regard médical.

Le comité d’éthique (Comets) du CNRS a récemment publié (23 février 2007) un rapport intitulé Réflexions sur éthique et sciences du comportement humain.L’objet est ainsi défini par son président : « Le sujet dont je souhaite que se saisisse votre comité concerne les pratiques éthiques dans le domaine des recherches sur le comportement (...), sujet interdisciplinaire qui concerne aussi bien les sciences du vivant que les sciences humaines et sociales, les sciences de l’ingénieur ou les sciences et technologies de l’information et de la communication. (...) Il me semble important qu’une réflexion puisse être conduite sur les conditions éthiques de telles recherches, en relation notamment avec le problème délicat du recueil du consentement éclairé des sujets étudiés, et donc de la légitimité de recherches pouvant avoir des effets sur le comportement de ces sujets. »

Ce rapport n’est pas un avis mais un « ensemble de réflexions »s’adressant autant à un large public qu’aux chercheurs. L’accent est mis d’une part sur la pluralité des approches pour l’étude du comportement humain (éthologiques, behavioristes, cognitivistes, psychanalytiques), et sur la spécificité du champ de cette recherche « entre deux dimensions de l’être humain : individu déterminé d’une part, personne libre et inaliénable d’autre part. La pratique de ces recherches, comme leurs résultats, ont une répercussion qui dépasse le cadre du laboratoire : en conditionnant l’attitude individuelle et collective face à des problèmes de société comme l’éducation, la protection sociale, la prise en charge des troubles du comportement, les soins aux malades mentaux, elles peuvent devenir un moyen de gouvernance et un enjeu de pouvoir. »

Deux axes sont ainsi clairement soulignés : les conditions éthiques qui prévalent à la conduite de telles recherches et ce que ces recherches peuvent être amenées à servir. La constitution d’un savoir d’une part, son usage de l’autre. Quels moyens, quelles fins. […]

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publié dans Vacarme 40 été 2007

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