Vacarme 41 / cahier

« ne rien pouvant, ne rien voulant »

par François Rosset

Il semble... Il semble que, souvent, on écrit le mieux un jour où l’on n’a rien à dire. Un de ces jours plats, lancinants, étouffés qui se réduisent à un emboîtement d’heures uniformes, anxiogènes de bout en bout, au point que les nerfs, saturés de dégoût, abdiquent de convoyer la sensation, ne parviennent plus à restituer l’écho du néant hébété que l’on porte en soi. Un jour où ces dispositifs et rituels qui nous servent d’ordinaire distillent un goût de marottes un peu séniles, tellement la sensation d’être éconduit domine tout. Après que plusieurs paliers de cette sorte ont été franchis, la souffrance occasionnée par le désœuvrement se retire. Un plancher crève sous le pas de l’ennui. En un tournemain, ou plutôt en une volte-face machinale, on se trouve au-delà des « portes de corne et d’ivoire » : écrivant.

Au cours de cet étrange prologue (qui, incidemment, dévore la plus grande part du jour) la distraction paraît être l’élément déclencheur : plus puissante que la concentration ou le recueillement, plus féconde que la puissance dont ces deux vertus prétendent offrir l’accès. Quelle est la nature de cette paroi qui a cédé, de ce bas niveau qui a trouvé son étiage ? L’obstacle, était-ce lui ? Ou simplement, il n’existe pas d’obstacle, mais un piétinement qui réalise à force de se prolonger la transsubstantiation du vide ? C’est un état paradoxal que l’absence, — « l’absence d’esprit ». […]

L'intégralité de cet article est disponible dans le numéro actuellement en vente en librairies ou sur commande.

publié dans Vacarme 41 automne 2007

Vacarme 41
» consulter le sommaire
» commander

feuilleton de Vacarme écriture et points d’arrêt

actuellement en librairies

Vacarme 43
» consulter le sommaire
» s'abonner
» commander
» acheter en librairie